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ÞÇÈáíÉ ÇáÊÔÛíá ÇáÈíäí
Interoperability
Interopérabilité

Réalité virtuelle
Une deuxième vie dans un monde tout à fait virtuel


Abdelmajid MILED
Ingénieur Informaticien

Spécialiste en TIC





Paru dans le journal "La Presse", le samedi 17 Mars 2007
 


Dans un monde virtuel florissant, âgé d’à peine 4 années, qui compte aujourd’hui environ 5 millions de résidents,  la Suède y installe une ambassade. Des partis politiques y ouvrent des espaces pour mener la campagne électorale de leurs candidats ; l'agence de presse Reuters y ouvre un bureau; le constructeur et le concepteur de solutions informatique IBM y réunit ses salariés; des musées y présentent des oeuvres; et des individus, surtout, s'y rencontrent en grand nombre pour y faire ce qu'on fait dans le monde réel, mais à travers un deuxième personnage appelé « avatar », dans ce nouveau monde virtuel.

D’après l’encyclopédie universelle en ligne Wikipédia, Second Life est un univers virtuel sorti en 2003. C’est au juste un logiciel accessible par Internet et qui permet aux joueurs internautes, à travers une simulation, de vivre une seconde vie. Ce logiciel, baptisé Second Life, a été conçu et développé depuis 2002 par Linden Lab, une société californienne « Start up » basée à San Francisco.
Le joueur ou résident est d’abord invité à créer son double virtuel graphique, c’est ce qu’on appelle son avatar. Il peut alors se promener dans les décors construits par d’autres, communiquer avec les autres résidents, prendre des photos, aller au cinéma, faire du shopping, acheter un appartement, faire une connaissance et se marier, etc. C’est un lieu de sociabilité, par excellence.  

Cet univers se démarque également par ses activités économiques dans la mesure où les résidents peuvent  créer et vendre leur création (vêtements, immobilier, bijoux, etc.), tout en ayant les droits de propriété intellectuelle des objets qu’ils fabriquent. Les activités sont les mêmes que dans notre monde réel puisque les résidents y achètent des terrains et consomment ­des biens et des services de plus en plus sophistiqués. Des vêtements pour habiller les avatars à l’organisation de mariages, en passant par des salons de coiffure ou des oeuvres d’art, 300000 articles y sont à vendre.  Second Life est accessible gratuitement. En revanche, l’achat d’un terrain nécessite la souscription d’un abonnement premium facturé une dizaine de dollars par mois, la location d’un appartement de 500 m², 5 dollars par mois, etc. Selon SecondLife.com, près de 850 000 dollars seraient désormais échangés chaque jour par ses membres.
Les ventes se réalisent avec la monnaie virtuelle locale Linden-dollars (LD) qui peut être échangée sur LindeX, le site de change de Linden Lab,  contre une devise réelle et vice versa : 1 US dollar = 265 LD.
Second Life commence même à avoir ses nouveaux riches milliardaires, Anshe Chung, l’avatar d’une Allemande d’origine chinoise, annonce être la première résidente à avoir un patrimoine évalué à plus d’un million de dollar US. Cette spécialiste de location - vente immobilière sous SL emploie plus de 25 personnes bien réelles pour gérer à peu près 36 kilomètres carrés de terrain virtuel. Elle a fait sa fortune notamment dans l’immobilier, en revendant de somptueuses propriétés virtuelles au style gothique ou méditerranéen.

Anshe Chung avec son équipe dans le réel

Avatar d’Anshe Chung sous SL


De grandes marques s’y installent

Second Life attire à présent des entreprises réelles désireuses de proposer des biens et services aux habitants de ce monde virtuel. Les grandes marques n’ont pas tardé à exploiter le potentiel de ce monde virtuel. Adidas a ouvert une boutique où on vend des baskets spéciales, qui permettent de faire des bonds de géant, Toyota y expose ses nouveaux modèles, tandis que les marques de cosmétiques de luxe telles que l’Oréal, Dior, Kelvin Klein et Jean-Paul Gaultier, s’y pressent.
D’ailleurs, Jean Paul Gaultier vient de lancer un nouveau parfum masculin avec Fleur du Mâle. Pour fêter le printemps autrement et avant sa mise sur le marché prévue pour le 2 avril 2007, Fleur du Mâle de Jean Paul Gaultier crée sur Second Life un jardin pour promouvoir son produit. Lancôme, profitant du lancement international de son nouveau parfum masculin, Hypnôse Homme, s’est inscrit comme le précurseur sur ce monde virtuel. Calvin Klein lance ses nouveaux parfums CK IN2U pour homme et femme. L’Oréal organise le 31 mars 2007 sur Second Life l’élection de « Miss Second Life Glamour », ouverte à tous les avatars féminins, la gagnante deviendra un des tops models d’Aspire modeling Agency. L’opération devrait être renouvelée chaque saison, à l’occasion des nouvelles collections de maquillage de la marque.

Les politiques, aussi, investissent dans ce monde virtuel

Des hommes et partis politiques défendent leurs idées sur Second Life. C’est l’américain Mark Warner, ancien gouverneur de l’Etat de Virginie et éventuel candidat du parti démocrate pour les présidentielles Américaines, qui a été le premier politicien à mettre les pieds et à  faire un tour dans cet univers virtuel, en août 2006, pour prononcer un speech préélectoral, rencontrer les résidents virtuels, répondre aux questions et faire exactement ce que fait un politicien dans le monde réel.  

Mark Warner, 1er politicien Avatar sur SL

Pour la France, tous les candidats potentiels à la présidentielle 2007 disposent chacun de son quartier général de campagne dans  ce monde virtuel. Le Front national fut le premier à y ouvrir son quartier général En décembre 2006. En Janvier 2007, la candidate socialiste Ségolène Royal a inauguré le 748e comité «Désir d’avenir» sur Second Life, dans lequel se déroulent des débats participatifs.

QG J. M. Le Pen sur SL

QG Ségolène Royal sur SL

Le cabinet de Nicolas Sarkozy réplique en louant, en février 2007, toute une île entière sur Second Life où de jeunes gens bronzés et musclés arborent des t-shirts «I Love Sarkozy». Plus récemment, en mars 2007, Le candidat UDF François Bayrou n’a pu faire autrement que suivre le mouvement et  s’y est installé.

QG Nicolas Sarkozy sur SL

QG François Bayrou sur SL


Second life n’est pas un jeu

C’est vrai que Second Life s’inspire énormément de l’interface de l’univers des jeux vidéo, dans la façon d’incarner un personnage avatar et de le contrôler via le clavier et la souris. En revanche des hommes et des femmes à la recherche d’expériences inédites, sont invités à bâtir un nouveau monde et mener une seconde vie. Dans ce nouveau monde virtuel, on peut créer, vendre et gagner de l’argent sans trop investir. C’est peut être un bon créneau pour les jeunes diplômés à la recherche d’un travail pour créer, produire et gagner de l’argent. Faut il au moins disposer des moyens pour avoir un abonnement premium  d’environ 10 dollars par mois, afin de pouvoir réaliser des transactions.
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