: LES LOGICIELS LIBRES
?De quoi s'agit il et comment migrer
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Abdelmajid MILED Ingénieur Informaticien Spécialiste en TIC |
Paru dans le journal "Le Temps", le mardi 28 Décembre 2004 et le Mardi 25 Janvier 2005
Les logiciels libres sont caractérisés autant par leur mode de développement, hautement coopératif, que par leur mode de distribution. Les solutions qui leur font appel sont de plus en plus répandues. Quelle est leur origine ? Qui les développent ? Comment se fait la distribution ? Sont ils gratuits ? Quels sont les principaux logiciels libres ? Quelles sont les perspectives ? Quels sont les critères de migration des logiciels propriétaires vers des logiciels libres ? Telles sont quelques unes des questions qui se posent et auxquelles il convient de répondre pour une meilleure compréhension du phénomène des logiciels libres.
L'origine
En 1971, Richard Matthew Stallman (RMS), qui avait l'âge de 18 ans à cette époque, entrait au laboratoire d'intelligence artificielle du MIT(Massachusetts institute of technology). Il travaillait en tant que programmeur système sur l'ordinateur PDP10 dont le système d'exploitation ITS était livré avec le code source, ce qui a facilité son immersion dans une communauté de partage de code source.
Au début des années 1980, lorsque le fournisseur Digital Equipements fait évoluer ses ordinateurs, il les a livré avec des systèmes d'exploitation propriétaires, sans code source. Stallman refuse ce changement et décide de développer un système d'exploitation libre et de bâtir une communauté autour, en se disant : « Si ça ne marche pas, au moins j'aurais fait l'effort d'essayer ».
A cette époque, le système d'exploitation le plus utilisé et le plus puissant était Unix, développé par Ken Thompson et Dennis Ritchie dans les laboratoires Bell d'AT&T. Stallman a décidé alors de rendre son système d'exploitation compatible avec Unix afin de faciliter la transition des logiciels propriétaires vers des logiciels libres. C'est pour cela qu'en 1983, il lance le projet GNU, jeu de mots récursif signifiant GNU is Not Unix. Après avoir cherché, sans succès, des fonds pour son projet, il démissionne de son travail en janvier 1984, afin que le MIT ne prenne pas éventuellement le produit à son compte et le vende.
L'éditeur de texte « emacs » est le premier programme GNU mis au point en 1985. Stallman crée alors la fondation FSF (Free Software Foundation) pour pouvoir recevoir des dons et vendre les bandes contenant les programmes copiables. Il reçoit des commandes régulières qui lui permettent de survivre et continuer le développement de son projet GNU.
La philosophie

Le projet GNU s'appuie sur une vision généreuse du monde. Stallman définit pour l'informatique trois libertés essentielles : la première est de pouvoir modifier un logiciel et l'adapter pour ses besoins propres. Sans cette liberté, on devient assisté et on perd la motivation et le sens de la création. La deuxième liberté est de pouvoir aider les autres si on le souhaite, en leur donnant un logiciel : c'est un acte d'amitié et de solidarité. La troisième liberté est celle qui permet d'aider à bâtir la communauté des logiciels libres en ajoutant de nouvelles fonctions à ces logiciels. Ainsi chacun peut œuvre davantage pour l'ensemble de l'humanité que pour son pays.
Afin d'instaurer durablement ces trois libertés dans le projet GNU, Stallman a conçu un modèle de convention qu'il a appelé GNU GPL ou GPL(General Public License) tout court. Il l'a rédigé avec la participation du professeur en droit, Eben Moglen. Ainsi chaque logiciel livré sous cette licence offre les trois libertés indiquées ci-dessus. Tous ceux qui modifient le logiciel et le distribuent s'engagent à garder ces trois libertés, et aucun ne peut en abuser pour s'approprier le logiciel.
La licence GPL autorise les utilisateurs à modifier les programmes et à en distribuer leur propre version. Toutefois, tout travail dérivé d'un programme soumis à la licence GPL doit être obligatoirement diffusé sous cette licence. En d'autres termes, une entreprise ne peut pas récupérer un programme protégé par la licence GPL, le modifier et le revendre sous une licence plus restrictive. Tout programme dérivé d'un programme sous licence GPL doit être diffusé selon la licence GPL. C'est ce que Stallman a résumé ainsi : « Avec chaque copie vient la liberté », en inventant le concept copyleft par opposition au copyright .
Liberté et non gratuité
La licence GNU GPL impose que tout le monde puisse distribuer parallèlement la même chose comme il l'entend, sans restrictions, mais autorise également quiconque, s'il le désire, à vendre ses programmes et à gagner de l'argent. Cela peut paraître contradictoire, au premier abord. Pourquoi vouloir demander de l'argent pour un programme que tout le monde, selon la licence GPL, peut obtenir sans dépenser un sou ?. A titre d'exemple, lorsqu'une compagnie a décide de rassembler une grande quantité de programmes et de les distribuer sous forme de CD-ROM, elle voudra amortir ses frais de fabrication et, probablement, faire quelques bénéfices sur la vente de leur produit. Ce cas de figure est autorisé par la licence GPL. Par contre, si vous achetez un logiciel diffusé selon la licence GPL, quelque soit le vendeur, vous avez le droit de le diffuser gratuitement par la suite ou de le revendre au prix que vous voudrez.
De nombreuses activités commerciales se sont développées autour des logiciels libres. On constate par exemple que certaines sociétés comme Red Hat (Etats-unis), SuSE (Allemagne) ou Mandrake Software (France) procèdent à l'évaluation des logiciels libres, les assemblent et les combinent, le cas échéant, avec les logiciels commerciaux pour proposer des solutions adaptées aux besoins les plus courants des entreprises (stations de travail, poste bureautique...), accompagnées d'un service payant d'assistance technique autour de leurs solutions.
Une fois un logiciel libre acheté ou téléchargé, des compétences pointues en termes notamment d'intégration sont le plus souvent nécessaires. Des coûts de formation, de support et de mise en place sont également à prévoir, ce qui constitue une autre forme de dépenses. D'une manière générale les coûts sont déportés vers le service. A ce sujet, le bureau international spécialisé IDC a publié récemment une étude comparative démontrant que, dans certains cas, le coût total de possession (Total Cost Owner) d'un logiciel libre est plus élevé que celui d'un logiciel propriétaire.
Linux est le fer de lance, mais d'autres logiciels de base sont tout aussi importants
Linux
Fort de son expérience dans la programmation des systèmes d'exploitation, Stallman décide de créer son propre Système d'exploitation libre. Car comme il le dit : « sans système d'exploitation, un ordinateur n'est qu'un amas de métal, de verre et de plastique sans valeur ».

Dès 1985, Stallman aidé par d'autres développe l'éditeur de texte GNU/emacs, le compilateur du langage C (Gcc), le programme d'analyse des erreurs (Gdb), ainsi qu'un certain nombre d'autres outils. Vers 1990, l'ensemble des composants systèmes de GNU existe, sauf le noyau. En 1991, le Finlandais Linus Torvalds, à l'âge de 22 ans, et un grand nombre de développeurs bénévoles développent le noyau Linux.
En combinant les composants système développés pour ou par le projet GNU et le noyau Linux, on obtient le système d'exploitation GNU/Linux, appellation désirée de Stallman, par un abus de langage, on l'appelle Linux tout court dans la pratique.
Selon le cabinet d'analyse IDC, Linux est en train de progresser d'une façon spectaculaire. En effet, il aurait équipé 3,2% du parc mondial de micro-ordinateurs en 2003, dépassant pour la première fois le système d'exploitation MacOs de la société Apple. Les parts de marché de Linux n'étaient que de 0,5% en 2001. Les prévisions d'IDC pour 2007 lui attribuent des parts de 6 à 7%. Concernant les serveurs et selon toujours le cabinet IDC, les parts de Linux en 2002 sont estimées à 23,1%, après Windows toujours en tête (55,2%) et devant Unix (11%), Netware (9,9%). Les parts de marché de Linux doivent continuer de croître pour atteindre 32 % en 2007. IDC estime également que l'évolution annuelle des parts de Linux, au niveau mondial entre 2000 et 2007, se situerait autour de 43,9% pour les postes clients et de 28,1% pour les serveurs (respectivement 9,7% et 12,9% pour Windows, -2,3% et -6,1% pour Unix).
PHP

Le PHP (Personal Home Page) est un langage dont l a syntaxe provient du langage C, de Java et du Perl, avec un petit nombre de fonctions inédites par rapport à ces langages. Il permet le développement d'applications I nternet dynamique et de créer des sites web dynamiques. Tout a commencé avec le canadien Rasmus Lerdof en 1994, lorsqu'il a rassemblé quelques scripts SQL (Structured Query Language) et Perl, afin de savoir qui visitait sa page web personnelle. Puis vu l'intérêt porté par les internautes envers le PHP, Rasmus mit en ligne la version 1.0 de PHP.
Une communauté de développeurs s'est créée autour de PHP, ce qui a permis de lui apporter plusieurs améliorations et de faire paraître la version 2.0 d'abord, et la version 3.0 en en juin 1998.
MySQL
Le logiciel libre MySQL est un serveur de bases de données SQL. Il a acquis une popularité croissante au fil des années notamment grâce à sa souplesse, sa gratuité et la possibilité de son exploitation sur Internet. Il a été essentiellement développé pour pouvoir gérer de grandes bases de données plus rapidement que les autres solutions disponibles. Et même si son concurrent libre Postgres le surclasse aujourd'hui dans certains domaines, MySQL est suffisamment rapide et souple pour gérer même des journaux et des images.

Il a été créé en 1995 par les suédois David Axmark et Allan Larsson qui ont fondé, avec les principaux développeurs, la société Mysql AB. Cette société continue à développer, distribue et supporte le logiciel.
MySQL dispose de deux licences, les utilisateurs peuvent choisir entre utiliser MySQL comme un logiciel libre sous les termes de la licence GNU GPL ou bien, acheter une licence commerciale auprès de la société MySQL AB . MySQL, est la base de données open source la plus populaire au monde, avec plus de 5 millions d'installations .
APACHE

Le serveur web APACHE est le fruit de l'effort de webmasters qui développèrent des extensions au serveur le plus populaire de l'époque (le serveur HTTP du NCSA), puis décidèrent de former l' Apache Group afin de mettre en commun leurs efforts et de produire le serveur APACHE libre sous licence GNU GPL .
Le nom Apache vient de " a pa t ch y ", en raison du mode de développement par patchs des premières versions. Ses performances, sa robustesse, son utilisation aisée et sa licence en font le serveur web le plus populaire au monde depuis mars 1997 (53% des sites mondiaux soit 9 millions de sites). Actuellement, 67% des sites mondiaux tournent sur APACHE, soit environ 31 millions de sites répertoriés.
OpenOffice
La société allemande Star Division, éditrice de la suite bureautique StarOffice, fut fondée en Allemagne dans les années 80. En 1999, Sun Microsystems rachète à l'éditeur allemand cette suite pour un peu plus de 75 millions de dollars. Sun Microsystems a procédé à l'amélioration de StarOffice et les deux versions StarOffice 5.1a et StarOffice 5.2 furent disponibles respectivement en Octobre 1999 et en Juin 2000. En octobre 2000, Sun Microsystems décide de publier le code source de cette suite sous le label OpenOffice. La suite bureautique OpenOffice est composée de plusieurs modules séparés, reprenant les éléments de la suite Microsoft : un traitement de texte, un tableur, un logiciel de présentation, un programme de dessin vectoriel, un logiciel de calcul mathématique, un éditeur de formulaires et un éditeur de pages web.
Deux licences sont employées pour cette suite bureautique libre. Il s'agit respectivement de la fameuse licence GNU GPL et d'une variante de Sun Microsystems, la SISSL (Sun Industry Standards Source License). Cette double licence garantit aussi bien la liberté de travail sur les codes source que la compatibilité avec un environnement de société commerciale.
Plusieurs autres logiciels libres existent certainement, mais nous avons choisi de nous limiter à ceux-ci étant donné que la plate-forme LAMP(Linux, Apache, Mysql, PHP) constitue un ensemble d'outils satisfaisant pour développer les différentes composantes d'un système d'information. Ainsi, OpenOffice est une sérieuse alternative aux suites bureautiques propriétaires.
Tendance lente mais décisive vers les logiciels libres
Plusieurs pays se déclarent de plus en plus favorables aux logiciels libres. Cette tendance touche aussi bien les pays avancés dans le domaine des TIC et riches que les pays émergents ou moins avancés et pauvres. En voici quelques exemples significatifs illustrant cette tendance de fond :
• Le Président de la République, Zine El Abidine Ben Ali, a nommé dernièrement un Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Technologies de la communication chargée de l'Informatique, de l'Internet et des Logiciels libres. Cette nomination démontre une vision avant-gardiste, une volonté politique forte et l'importance qu'il faudrait accorder aux logiciels libres dans le développement des systèmes d'information.
• En juillet 2004, la Malaisie a recommandé, selon le schéma directeur du pays, une préférence aux logiciels libres dès que les avantages et inconvénients entre ces derniers et les logiciels propriétaires sont équivalents. Cette recommandation a été accompagnée par des objectifs chiffrés : 60% des nouveaux serveurs doivent être capables de faire tourner des logiciels libres, tout comme 30% des composants de l'infrastructure (de type serveur de messagerie, serveur de noms de domaine, serveurs proxy, etc).
• La Corée du Sud a aussi fixé des objectifs chiffrés pour 2007: 20% des systèmes d'exploitation pour ordinateurs de bureau et 30% pour les serveurs devront migrer vers les logiciels libres. Ces objectifs rentrent dans un engagement plus vaste puisqu' avec la Chine et le Japon, le pays travaille à la création d'un système d'exploitation à base de Linux, capable de remplacer Windows.
• Abdul Kalam, le Président de l'Inde, vient de recommander dernièrement l'usage des logiciels libres pour le secteur de la défense nationale. En début d'année 2004, déjà, la Banque Centrale, l'opérateur téléphonique national Bharat Sanchar Nigam, ainsi que le Ministère des Finances de l'Etat du Bengale de l'Ouest s'étaient prononcés en faveur du système d'exploitation Linux.
• En France, en juillet 2004, 1500 serveurs de bureautique du Ministère de l'Equipement ont migré sous Linux en remplacement de Windows NT. Quelques jours plus tard, la direction générale des impôts annonçait son choix en faveur d'un serveur d'applications libres. le gouvernement français a choisi dernièrement le logiciel SPIP-Agora, sous licence GNU GPL en vue de le déployer sur ses sites ministériels dans le cadre de son projet d'administration électronique dont l'achèvement est prévu pour 2007.
• Le Vietnam prévoit que l'ensemble de son administration devra utiliser des logiciels libres dès 2005. Le gouvernement brésilien compte remplacer, à moyen terme, le système d'exploitation Windows par Linux sur les 300 000 postes de son administration.
• D'importantes municipalités dans le monde ont basculé vers les logiciels libres, la plus célèbre d'entre elles étant Munich qui a migré, en 2003, 14000 postes vers les logiciels libres, au détriment de Windows XP. La ville de Bergen, en Norvège, est en train de l'imiter. Quant à Paris, Microsoft serait en train de proposer des rabais entre 50 et 60% pour empêcher l'installation de Linux sur les postes de la ville.
Même Microsoft utilise les logiciels libres et s'engage sur le chemin de l'Open Source
Suite à une enquête du Wall Street Journal, la revue spécialisée ZDNet a publié un article, en date du 18 juin 2001, sous le titre «Logiciels libres : le double jeu de Microsoft enfin démasqué ». En effet, Microsoft qui se défendait de ne jamais utiliser de logiciels libres, a du admettre qu'il employait le système d'exploitation libre FreeBSD, dérivé de Unix BSD, dans sa filiale Hotmail . Microsoft a trouvé que certaines fonctionnalités et l'efficacité de FreeBSD n'ont pas d'équivalent dans ses logiciels propriétaires pour assurer le bon fonctionnement du service Hotmail. D es fans du système FreeBSD ont déniché également d'autres morceaux de code de FreeBSD intégrés dans d'autres produits Microsoft, dont notamment Windows 2000.
En s'engageant sur la voie du code source et dans le cadre du programme GSP (Government Security Program), Microsoft a mis, en janvier 2003, à disposition le code source de windows (Windows 2000, Windows XP, Windows SERVER 2003 et Windows CE). Plus de 30 gouvernements et agences internationales ont bénéficié de cette licence de « source partagée », dont la Chine, la Russie, la Grande Bretagne, l'Espagne ou l'Otan. Par cette licence les bénéficiaires peuvent avoir accès aux mécanismes internes des logiciels. Ils peuvent également se rendre au centre de développement de Microsoft à Redmond et observer les diverses étapes du développement, des tests et du déploiement des codes sources de Windows. Puis en Septembre 2004, le code source de Microsoft Office 2003 est désormais en accès libre pour les membres du programme GSP. Les bénéficiaires peuvent prendre connaissance des détails de production de la suite bureautique incluant Word, Excel, PowerPoint, Outlook,…
Par ailleurs et en avril 2004 , Microsoft a décidé de diffuser le programme WiX (Windows installer XML) sous une licence Open Source. Ce programme est téléchargeable sur le site de SourceForge, portail communautaire ayant pour vocation de porter des projets Open Source. Le programme WiX est disponible sous licence CPL (Common Public License) qui autorise aux utilisateurs à effectuer des modifications de codes sources, puis réintégrer le tout au sein des produits commerciaux propriétaires. De ce fait, la licence CPL n'est pas compatible avec la licence GPL qui implique une redistribution libre des applications élaborées.
Conclusion
Il est évident que, dans l'absolu, la communauté des logiciels libres limite le monopole des éditeurs des logiciels propriétaires, fournit un degré de liberté pour accéder au savoir-faire et diminue le coût des logiciels. La grande question est de savoir quand et comment il faut migrer des logiciels propriétaires vers des logiciels libres.
Deux grandes raisons principales motivent le choix des logiciels libres : la maîtrise du savoir-faire, en disposant du code source et l'incidence financière en évitant de réinventer la roue et payer une fois encore ce qui avait déjà réalisé par d'autres. Concernant la première raison, l'informatique n'est pas tout à fait une science mais plutôt une technique. C'est à la recherche scientifique de trouver des pistes pour développer cette technique qui, à son tour, contribue à faire évoluer la science. Aussi est-ce à l'université et aux équipes de recherche de participer avec la communauté internationale des logiciels libres, de faire évoluer cette technique, de garantir une accessibilité au savoir-faire technique et d'assurer pour leur pays un support durable. C'est en quelque sorte l'application de la première liberté définie par Stallman. Si l'on se contente de télécharger et d'exploiter le code source et d'attendre une société coréenne par exemple, pour arabiser les interfaces d'entrée/sortie d'un logiciel libre, on demeure à l'état de dépendance et la liberté du logiciel n'est pas totalement garantie.
Quant à la deuxième raison, une étude exhaustive du coût total de possession (TCO), rassemblant les coûts des licences, de la formation, de l'assistance et de la mise en place, est nécessaire.
Les résultats d'analyse des deux critères combinés, à savoir le degré de liberté et l'importance du coût, servent de données de base à une migration planifiée des logiciels propriétaires vers des logiciels libres.